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Qu'est-ce que le Taiji quan ?
Si l'on interroge des maîtres sur l'origine du Taiji quan, ils content pour la plupart l'histoire suivante : un jour que l'ermite Zhang Sanfeng était à la fenêtre de sa hutte sur le mont Wudang, son attention fut attirée par le cri étrange d'un oiseau. Se penchant, il vit une pie effrayée descendre d'un arbre au pied duquel se trouvait un serpent. Un duel s'ensuivit, et la pie fut vaincue par le serpent, ce dernier combattant en souplesse et avec des dé­placements curvilignes. Zhang Sanfeng comprit alors la suprématie de la souplesse sur la rigidité, l'importance de l'alternance du yin et du yang, et d'autres conceptions formant la base du Taiji quan. C'est à la suite de cet incident que Zhang Sanfeng (1127-1279) élabora le Taiji quan.
Le Taiji quan est une technique de combat à main nue, le terme signifiant lit­téralement « Boxe du Faîte Suprême » (ji signifie en premier lieu « poutre faîtière d'une maison »).
Les maîtres de Taiji quan donnent une raison pratique à l'emploi de mouve­ments circulaires. Selon eux, les mouvements circulaires sont ceux qui permettent le moins à l'adversaire d'avoir prise sur vous dans le combat ; son énergie arrive sur le cercle et glisse comme une tangente. C'est la cas­sure dans le cercle qui donne à l'adversaire la possibilité de vaincre.
A l'idée de cercle est liée celle de continuité. Les maîtres disent de façon très imagée que les mouvements sont exécutés comme on dévide le fil de soie d'un cocon. Un enchaînement du Taiji quan est en fait composé d'une infinité de mouvements qui ne peuvent être isolés les uns des autres. Le début d'un mouvement est la fin du mouvement précédent, la fin du mouvement est le début du mouvement suivant. Il n'y a ni coupure, ni ar­rêt dans le passage d'un mouvement à l'autre.
Enfin, tous les éléments du Taiji quan sont classés en Yin-Yang ou en termes complémentaires. Les termes complémentaires servant à définir les mouvements sont généralement ceux de mobilité/immobilité, souplesse/rigi­dité, ouverture/fermeture. Mais, de même qu'au sein du Yang réside du Yin et qu'au sein du Yin réside du Yang, de même dans l'immobilité, il y a mobili­té et dans la mobilité, immobilité.
Bien que souplesse et rigidité soient considérées comme complémentaires dans le Taiji quan, une importance plus grande est accordée à la souplesse, car « La souplesse de toutes choses l'emporte sur la rigidité de toutes choses ».
Taiji quan, art martial, technique de longue vie – Catherine Despeux (1981)




Yin Yang





Thierry Baë